Je m’appelle Soizic, j’ai 32 ans, je m’occupe d’une école maternelle dans une petite ville du Finistère situé au bord de la mer. Je tiens à préciser que je suis Bretonne que je suis née à Quimper qui est à moins de 20 Km de l’endroit où je vis et travaille actuellement.
Comment avez-vous
découvert la méthode B Onnis ?
Comme vous avez pu le
remarquer, je suis Bretonne et fière de l’être ! Mon père était pécheur,
mes frères et mon mari sont marins et je suis très attachée à la mer et tout ce
que cela comporte : les bateaux, les poissons, le vent, les vagues… Ici on
vit avec ça, nous sommes une des dernières régions ou l’on vit vraiment de la
mer. La seule fois de ma vie où je n’ai pas habité au bord de la mer c’est
durant mes études à Rennes et j’en ai été très malheureuse. La mer me manquait
réellement. ! Heureusement j’ai pu être nommé dans ma région d’enfance et
j’ai aussi pu assez rapidement devenir directrice de l’école. Je m’occupe aussi
d’une classe de maternelle où il y a des enfants de trois à cinq ans. Mon petit
frère passe beaucoup de temps sur Internet et c’est lui qui m’a indiqué qu’il y
avait une nouvelle méthode qui proposait des exercices aux enfants en partant
de la mer (le vol 3 les petits bateaux).
Et alors ?
Comme je vous l’ai dit, je
suis, nous sommes très attachés à la mer : les enfants vivent dans cet
univers et même si malheureusement la plupart devront partir ailleurs pour
travailler et faire leurs vies, leurs racines c’est la mer et les bateaux. Je
cherchais depuis longtemps un moyen de les intéresser à faire des exercices qui
leur permettre de s’y identifier. Quand j’ai entendu parler de cette méthode,
j’ai sauté sur l’occasion. J’ai été voir les vidéos et j’ai trouvé que cela
était parfait pour eux. J’avais raison parce qu’ils se sont aussitôt intéressés
à ces exercices.
Vous m’avez indiqué
que vous aviez adapté la méthode à votre environnement
C’était obligé ! La
plupart des enfants ont des parents qui sont soit en mer soit qui travaillent
dans des entreprises qui dépendent de la mer et des bateaux. Il fallait que
j’adapte la méthode à notre réalité quotidienne. Par exemple pour les exercices
j’habille les enfants en marinières, on donne des noms aux bateaux et l’on
rencontre des poissons.J’ai même crée un exercice supplémentaire qui mime la
pêche. Ils font ainsi des exercices avec des gestes qu’ils ont vu faire par
leurs parents depuis toujours. Cela leur permet de pouvoir vraiment s’identifier
avec ce qu’ils font.
Pensez-vous
qu’adapter la méthode à votre propre environnement vous aide pour intéresser
les enfants ?
J’en suis convaincu. Bon ici
on est quand même dans une situation spéciale puisque la mer et les bateaux
c’est une réalité économique, culturelle et sociale quotidienne. Je reste
persuadé qu’à cet âge, les enfants ont besoin de repères qui leur permettent de
s’identifier à la vie réelle. On ne peut pas toujours leur parler de rois, de
princesses et d’animaux imaginaires. Quand le matin après les avoirs comptés
(faire l’appel) on fait une séance, ils s’identifient à leurs parents qui font
ces gestes-là quotidiennement : ils jouent à l’adulte !
Et votre
adaptation ?
En ce qui concerne mon
adaptation, je pense que Bernadette Onnis ne souhaite pas que l’on applique ses
directives à la lettre, elle doit bien savoir que nous devons faire des
modifications et des adaptations pour que cela fonctionne. D’après ce que j’ai
pu lire ou écouter de ses propos il s’agit plus d’un état d’esprit que
d’obligations. En faisant cela je ne pense pas « trahir »la méthode
mais au contraire l’enrichir.
En tant que
professionnelle de la petite enfance conseillez vous cette méthode ?
Bien sûr , sinon je ne
travaillerais pas avec ! Dans notre cas précis, c’était vraiment le volume
de la méthode qui s’appliquait à notre environnement quotidien. À partir de là
intéresser les enfants étaient beaucoup plus faciles. Vous savez cette méthode
m’a permis de faire travailler des enfants pour des exercices ou d’habitude ils
sont plus plutôt rétifs. Les parents sont ravis, leurs enfants leur racontent
qu’eux aussi ils sont en mer ou qu’ils déchargent des caisses de poissons. Cela
leur permet de partager quelque chose avec leurs enfants.
Un mot de fin ?
Comme tout le monde, je
pense faire un spectacle de fin d’année avec cette méthode qui est vraiment
superbe. J’aimerais bien que la méthode dans ces futurs volumes s’intéresse aux
régions. Mon expérience m’indique que les enfants se sentent à l’aise quand ils
sont vraiment dans leur environnement régional.